Le Président Aoun s’est rendu en France pour sa première visite officielle en Occident. Cette visite officielle réanime les liens historiques et jamais démentis entre les deux pays. Emmanuel Macron , il y a quelques mois, avait convoqué à Paris, un sommet pour le financement de la reconstruction du Liban. Le but était alors fixé à 1 milliard d’euros d’aides , d’investissements, de dons. Plusieurs chefs d’entreprises français contactés attendaient avec « impatience cette visite » pour écouter Joseph Aoun sur sa stratégie et son positionnement.

Depuis l’élection du Président libanais, soutenue par Paris , l'espoir d'amorcer un processus de réformes politiques et économiques dans un « Liban en crise » progresse fortement. Au cours de cette visite historique, le Chef de l’Etat libanais a rappelé avec conviction que «les Libanais ont toujours été élevés avec cette idée forte selon laquelle la France était leur mère protectrice. Son soutien est essentiel. Nous avons une relation singulière et séculaire qui remonte au XVIe siècle ».

De ce point de vue , la visite a porté sur plusieurs points essentiels au service du développement des relations entre les deux pays.

Il s’agissait, d’abord, de soutenir la reconstruction du Liban. Bien qu’Israël continue de bombarder la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, pour la première fois après quatre mois de trêve, Emmanuel Macron a réaffirmé l'engagement de la France pour le « redressement » et la « souveraineté » du Liban. Le président français a jugé « inacceptable » ces bombardements israéliens, dénonçant la « violation du cessez-le-feu ».

Le soutien économique au Liban prendra notamment la forme d’une conférence internationale sans date fixée. Cette initiative mobilisera des fonds pour la reconstruction du Liban.

Le deuxième point abordé lors de cette visite était lié « aux discussions entre le pays du Cèdre et le Fonds Monétaire International », selon une source au ministère français des Affaires . D’ailleurs, Joseph Aoun a mentionné dans une interview au journal français Le Figaro que des négociations avec le FMI avaient repris avec le nouveau gouvernement libanais. La France, en tant que « mère protectrice » du Liban selon Aoun, joue un rôle clé pour faciliter ces réformes économiques.

Enfin les deux chefs d’État ont abordé la question centrale de la sécurité régionale et désarmement du Hezbollah : Les discussions ont porté sur la mise en œuvre du cessez-le-feu de novembre 2024, avec un accent sur le déploiement de l'armée libanaise dans le sud du pays et le désarmement du Hezbollah. La France est garante de cet accord de cessez-le-feu avec les États-Unis.

La visite historique de Joseph Aoun a largement été couverte par les médias français. La tv France 24 notant sur son site que « le choix de la France n’était pas anodin, puisque le pays a activement milité en faveur de l’élection de Joseph Aoun. Par ailleurs, la France pourrait reprendre son rôle de fédérateur des soutiens du Liban ».

Dans le contexte géopolitique mondial, avec le retour tonitruant de Trump à la Maison Blanche, les risques de frictions diplomatiques se multiplient. Si la perte d’influence de Paris en Afrique, notamment, est une évidence, son influence est encore forte dans une partie du Moyen-Orient. Depuis des débuts difficiles dans sa relation avec les autorités libanaises, Emmanuel Macron semble avoir repris le chemin d’une relation diplomatique apaisée et plus conforme à l’histoire séculaire entre les deux nations.